Expérience autogire

Publié le par jcplum

Une bien drôle de machine, à voilure tournante... jamais de la vie... c'est ce que je disais il y a encore peu.
Mais voilà un mercredi, un méchant vent m'avait cloué au sol sur notre base, je regardais desespérement la manche à air. Elle me narguais, droite et raide à 90 ° attachée à son mas... désespérant... et ma belle machine dont je suis si fier, clouée au sol! Je ne suis pas encore un pilote bien expérimenté alors la sagesse s'impose.
Comme le soleil etait là, tout de même, je m'installe devant le hangar pour un peu de bronzette... c'est pas mon truc mais faute de mieux. Un bouquin... d'ulm bien sûr... , ce vent finira bien par se calmer dans la soirée!
Oh c'est quoi ce bruit...  ce doit être un coup de soleil sur la cogourde! un bruit de moteur d'ulm, je reconnais... c'est quoi... un fou! non un autogire blanc se presente en bout de piste, ouah c'est fou par ce vent, c'est un bon ou un inconscient! Ah... il fait un passage bas mais ne se pose pas. un tour de piste plus tard l'appareil se pose en quelques metres face au vent et vient s'immobiliser prés du hangar. Je me lève pour accueillir mon hôte, qui fort sympathiquement rompt ma solitude. L'homme est rondouillard, la soixantaine, huum un vieux de la vieille! y a des heures au compteur! Un petit coup d'oeil à sa blanche monture, pas aussi belle que "mon mien!". Heureusement que son pilote est expérimenté pensais je!
Je l'invite à se désaltéré, il doit être assoiffé aprés une chevauchée par un tel temps. Et nous voilà entrain de faire connaissance.
Stupeur! c'est fou, il s'entriane à faire des attéros, il vient d'être laché! J'en crois pas mes yeux... non mes oreilles, ok il a des heures de vol pendulaire mais rien en autogire, il découvre son M 16. Une petite demi heure et voici notre ami qui se réinstalle au manche, la procédure,  le voici qui gagne le bout de la piste, prelancement et quelques instants aprés un coucou avant de regagner sa base plein sud.
Ce n'est qu'en fin d'aprés midi que se maudit vent se calmera un peu et que je pourrais profiter de ma machine,
Curieux cette machine, pas franchement beau un autogire, même un M16, c'est maigrelè, avec deux cheveux sur le caillou, mais efficace.
Bien sûr ma curiosité était maintemenant atisée, petite enquête locale, auprés du président du club, Joseph, non pas celui là mais l'autre, un vrai baroudeur, beaucoup d'heures de vol et plein de tour de France, cloué au sol depuis que des brigands lui ont subtilisé son moteur, eh oui c'est comme ça si t'as besoin d'un moteur tu vas en piquer un! Pourquoi a t'on supprimé l'échaffaud! La bonne adresse dans le coin c'est Gilles Finet, non pas pour l'échaffaud pour apprendre à piloter un autogire. Sans plus tarder je télèphone à notre homme, oups un passionné! en 3 temps et 2 mouvements mes dernières appréhensions tombent, rendez-vous est pris pour un premier contact dès le mercredi suivant, dans 3 jours!
Avec Gilles le premier contact franc et directe, "en deux mots j'ai un maximun de choses à t'apprendre sur la pratique, tu me poses les questions qu'en tu as besoin, tu potasses les 2 bouquins qui existent sur l'autogire et tu réponds au qcm que je te donne. La check list c'est à savoir par coeur! " On y va toi en place arrière et aprés ce premier contact en place avant... Euh... ya du vent de travers... tu vas voir pas de problème... et voilà 3h plus tard j'ai déjà fait mes premiers virages mes tenues de cap, mes premières approches et un décollage.. comme un grand... enfin restons modeste...
Sincèrement l'autogire c'est génial... alors si vous voulez rester au pendul, surtout n'essayez par ce truc maigrelè avec deux poils sur le caillou! 
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